Journal de Scorlion (Pierre999)

Provoquez l'éveil de la conscience et parvenez à l'illumination. Démarrez ici une expérience unique.

Modérateur : Noe

Pierre999
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Re: Journal de Scorlion (Pierre999)

Message par Pierre999 » 05 mai 2019, 00:01

Être & avoir
...

Pierre999
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Re: Journal de Scorlion (Pierre999)

Message par Pierre999 » 05 mai 2019, 00:07

Connexion à l’élément, Terre :!:

Don-et-Compassion
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Re: Journal de Scorlion (Pierre999)

Message par Don-et-Compassion » 05 mai 2019, 11:41

Bonjour cher Pierre999,

Tu crois t'aider en écrivant ces petits messages et en partageant tout ce que tu trouves sur YouTube, mais en réalité tu joues le jeu de ton Ego qui a peur de mourir.

Il te fait faire tout cela pour éviter de mourir et pour éviter que l'Etre reprenne sa place.

La Peur est un défaut psychologique lourd et très présent en nous-mêmes.

Nous pourrions te laisser t'exprimer ainsi mais il y aurait de fortes chances pour que tu renforce ton Ego.

En ce sens, nous verrouillons ton sujet jusqu'au 1er Juin.

En souhaitant que tu puisses ainsi te concentrer sur la méditation et la mort de L'ego logé dans le Mental.

Bon courage Pierre. N'oublie pas que si tu as découvert ces forums et que tu as pus lire l'enseignement, c'est que ton Intime t'appelle très fort a revenir vers Lui.

Pierre999
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Re: Journal de Scorlion (Pierre999)

Message par Pierre999 » 15 juin 2019, 23:02

15. L’abominable vice de l’alcool


Très loin d’ici, de ma chère patrie mexicaine, voyageant par
d’autres chemins, je fus conduit par les vents du destin à
cette antique ville sud-américaine qui, dans les temps
précolombiens, se nommait « Bacata » dans la typique
langue Chibcha.

Cité bohémienne et taciturne avec la mentalité créole du XIX
e siècle ; agglomération fumeuse dans la vallée profonde.

Ville merveilleuse dont un poète a dit : « Elle tourne sous la
pluie, la ville de Bacata, comme un carrousel déglingué ; la
cité neurasthénique qui enveloppe ses heures dans des
écharpes de nuages. »

C’était au début de la Première Guerre mondiale… Quelle
époque, mon Dieu ! Quelle époque ! Mieux vaut maintenant
s’exclamer avec Ruben Dario :
« O jeunesse, divin trésor,
Tu fuis pour ne plus revenir
Quand je veux pleurer je ne puis
Parfois sans le vouloir, je pleure ! »

Quelle douleur je ressens encore en me rappelant
aujourd’hui tant d’amis à présent morts ! Les années ont
passé.

C’était l’époque des beuveries de bohémien, et de Jules
Flores : en ces années étaient à la mode Lope de Vega et
Gutiérrez de Cetina.

Celui qui voulait alors passer pour intelligent, récitait entre
deux verres ce sonnet de Lope de Vega :

« Un sonnet me commande-t-on de faire subversif,
En ma vie je ne me suis vu dans un tel embarras,
Quatorze vers on dit que c’est un sonnet,
De plaisanterie en moquerie vont les trois ci-devant. »

« J’ai pensé qu’il n’y aurait pas de rime,
Et me voici à la moitié de l’autre quatrain,
Mais comme j’arrive au premier tercet,
Il n’y a rien dans les quatrains qui m’effraie. »

« Dans le premier tercet voici que j’entre,
Et encore je présume que je suis entré du bon pied,
Car la fin de cette strophe je viens de l’atteindre. »

« Déjà je suis dans le second et encore je soupçonne,
Que je suis en train d’en finir avec les treize vers,
Comptez s’il y en a quatorze, voilà c’est fait. »

Il est ostensible que dans cette ambiance créole de bardes
fêtards, ce genre de déclamations s’achevaient par des cris
d’admiration et des salves d’applaudissements.

C’était l’époque des beuveries de la Bohème ; en ces années,
les gentilshommes jouaient jusqu’à leur vie pour quelque
dame qui passait dans la rue.

Quelqu’un me présenta à un ami d’une éclatante
intellectualité, très adonné aux études de type
métaphysique ; il s’appelait Robert et si je tais son nom de
famille, je le fais dans le but évident de ne pas heurter les
susceptibilités.

Il était l’illustre rejeton d’un représentant de son
département à l’Assemblée nationale de ce pays.

Un verre de fin baccarat dans la main droite, ivre de vin et de
passion, par sa déclamation, ce barde à la chevelure
ébouriffée se faisait partout remarquer auprès des
intellectuels, dans les boutiques, les brasseries et les cafés.

Assurément, c’était une chose digne d’admiration, chez ce
jeune homme, que la prodigieuse érudition qu’il possédait ; il
ne commentait pas plus tôt Juan Montalvo et ses sept traités,
qu’il récitait la marche triomphale de Ruben Dario.

Toutefois, il y avait des pauses plus ou moins longues dans
sa vie orageuse ; parfois il paraissait se repentir et
s’enfermait pendant de longues heures, jour après jour, à la
Bibliothèque nationale.

Je lui ai souvent conseillé d’abandonner pour toujours
l’abominable vice de l’alcool, mais mes conseils ne servirent
à rien, car tôt ou tard le jouvenceau retournait à ses anciens
agissements.

Il arriva qu’une nuit, tandis que mon corps physique gisait
endormi dans le lit, j’eus une expérience astrale très
intéressante :

Les yeux écarquillés par la peur, je me vis devant un affreux
précipice, face à la mer ; et, en scrutant les ténèbres
abyssales, je remarquais de petits navires légers, aux voiles
gonflées, s’approchant des falaises.

Les cris des marins, le bruit des ancres et des rames, me
permirent de constater que ces petites embarcations avaient
atteint le ténébreux rivage.

Et j’aperçus des âmes perdues, des gens sinistres,
horripilants, épouvantables, qui débarquaient, menaçants.

Vaines ombres grimpant jusqu’au sommet, où Robert et moi
nous nous trouvions !

Terrorisé, le jeune homme se précipita la tête la première au
fond de l’abîme, tombant comme le Pentalphe renversé et se
perdant définitivement dans les eaux tumultueuses.

Je ne peux le nier, je fis la même chose, je sautais du haut de
la falaise, mais au lieu de m’enfoncer dans les eaux de la mer,
je flottais délicieusement tandis que, dans l’espace, me
souriait une étoile.

Il est ostensible que cette expérience astrale m’impressionna
vivement ; j’y ai compris l’avenir qui attendait mon ami.

Les années passèrent et, poursuivant mon voyage sur le
sentier de la vie, je m’éloignais de cette fumeuse cité
bohémienne.

Beaucoup plus tard, au-delà du temps et de la distance, en
voyageant le long des côtes de la mer des Caraïbes, j’arrivais
à Puerto del Rio del Hacha, aujourd’hui capitale de la
Péninsule de Goajira. Petite ville aux sablonneuses rues
tropicales au bord de la mer ; des gens hospitaliers et
charitables au visage brûlé par le soleil.

Jamais je n’ai pu oublier ces Indiens goajiras vêtus de si
belles tuniques et criant de tous côtés : « Carua ! Carua !
Carua ! » (Charbon.)

« Piraca ! Piraca ! Piraca ! » (Viens ici), s’exclamaient les
dames devant la porte de chaque maison, dans le but
d’acheter le combustible nécessaire.

« Haita maya » (Je t’aime beaucoup), dit l’Indien quand il
s’éprend de l’Indienne. « Aï macaï pupura », répond-elle,
comme pour dire : « Les jours vont et viennent. »

Il y a des évènements insolites dans la vie, des circonstances
surprenantes ; l’une d’elles fut pour moi la rencontre de ce
barde que j’avais connu auparavant dans la ville de Bacata.

Il vint vers moi, déclamant en pleine rue, ivre de vin, comme
toujours, et, pour comble, dans la plus épouvantable misère.

Il est indéniable que ce flambeau de l’intellect avait
épouvantablement dégénéré à cause du vice de l’alcool.

Tous mes efforts pour le tirer de son vice furent inutiles : il
allait chaque jour de mal en pis.

Le Nouvel An approchait ; partout résonnaient les tambours,
invitant le peuple aux festivités, aux bals que l’on donnait
dans nombre de maisons, à l’Orgie.

Un jour, comme j’étais assis à l’ombre d’un arbre, en
profonde méditation, je dus sortir de mon état extatique en
entendant la voix du poète.

Robert était arrivé pieds nus, le visage émacié et le corps à
moitié dénudé ; mon ami était maintenant un mendiant : le
Moi de l’alcool l’avait transformé en clochard.

En me regardant fixement et en tendant la main droite, il
s’exclama : « Donne-moi une aumône. »

Pourquoi veux-tu une aumône ? « Pour ramasser l’argent qui
me permettra d’acheter une bouteille de rhum. »

Je le regrette beaucoup, mon ami ; crois-moi, jamais je ne
coopérerai au vice. Abandonne le chemin de perdition !

Une fois ces paroles dites, cette ombre se retira, silencieuse
et taciturne.

Arriva la nuit du Nouvel An ; ce barde à la crinière ébouriffée
se vautrait comme un porc dans la fange, buvant et mendiant
d’orgie en orgie.

Son bon sens complètement perdu sous les effets dégoûtants
de l’alcool, il se mêla à une rixe ; il dit quelque chose et on lui
répliqua, et il reçut évidemment une formidable raclée.

Puis la police intervint, dans le but salutaire de mettre fin à
la bagarre et, comme cela se produit inévitablement dans de
tels cas, le barde finit par aboutir en prison.

L’épilogue de cette tragédie dont l’auteur fut, naturellement,
le Moi de l’alcool, est réellement macabre et effrayant, car le
poète mourut pendu ; ceux qui l’ont vu disent que le
lendemain ils le trouvèrent suspendu par le cou aux
barreaux mêmes de son cachot.

Les funérailles furent magnifiques et beaucoup de gens
accoururent au cimetière pour adresser un ultime adieu au
barde.

Après tout ceci, très attristé, je dus continuer mon voyage,
m’éloignant de ce port de mer.

Plus tard, je me proposais d’investiguer de façon directe sur
mon ami désincarné, dans le monde astral.

Ce genre d’expérimentation métaphysique peut être
accomplie en projetant l’Eidolon ou double magnétique, dont
nous parle tellement Paracelse.

Sortir de la forme dense ne m’a certes coûté aucun travail ;
l’expérience s’avéra merveilleuse.

Flottant avec l’Eidolon dans l’atmosphère astrale de la
planète Terre, je franchis les portes gigantesques d’un grand
édifice.

J’arrivais au pied d’un escalier qui conduisait aux étages du
haut ; en m’approchant de la base, je pus constater une
bifurcation dans la montée.

J’appelais d’une voix forte en prononçant le nom du défunt,
et ensuite j’attendis patiemment les résultats.

Ceux-ci ne se firent assurément pas attendre longtemps : je
fus surpris de voir une grande foule de gens qui
descendaient précipitamment de part et d’autre du double
escalier.

Toute cette multitude arriva près de moi et m’entoura ;
Robert, mon ami ! Pourquoi t’es-tu suicidé ?

Je savais que tous ces gens étaient Robert, mais je ne
trouvais personne à qui m’adresser, je ne rencontrais pas un
sujet responsable, pas un individu.

Il y avait devant moi un Moi Pluralisé, un monceau de
Diables, car mon ami désincarné ne jouissait pas d’un centre
permanent de conscience.

L'expérience se termina quand cette légion d'Ego se retira en remontant par l'escalier double.

Issu de : "Le Mystère de la Floraison d'Or".

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